Comment faisaient les femmes pour vivre avant la medecine

Mais comment faisaient les femmes pour vivre avant la médecine moderne ?

Le saviez-vous ? La vie des femmes avant l’avènement de la médecine moderne n’était qu’un long tunnel de souffrances, gênes et autres désagréments. D’ailleurs, c’est à peine si nous comprenons comment leur physiologie naturellement si détraquée et mal foutue a fait pour les mener jusque là…

C’est en tout cas l’idée que porte un certain féminisme qu’il est peut-être temps de dépasser.

Depuis plusieurs années une nouvelle vague féministe pointe le bout de son nez. Sa principale caractéristique ? Considérer que les femmes sont naturellement fortes, capables et que leur corps n’est pas forcément leur ennemi (oui, c’est fou).

Ces nouvelles féministes qui mettent à bas le tabou des règles, dénoncent les violences gynécologiques et refusent d’avoir à souffrir pour assumer la charge contraceptive posent donc la question suivante aux féministes des années 1970 qui ont trop eu tendance à faire dépendre les femmes du corps médical :

Comment faisaient les femmes pour vivre avant la medecine

S’inscrivant totalement dans cette vague, J’arrête la pilule de la journaliste féministe Sabrina Debusquat décrit cette génération de jeunes femmes qui refuse de médicaliser systématiquement chaque processus naturel du corps des femmes. Comme elle l’écrit dans la conclusion de son ouvrage :

“Bien que de nombreuses féministes refusent de l’entendre, cette remise en question est avant tout opérée par les femmes elles-mêmes. En arrêtant la pilule, en mettant fin au tabou des règles ou en dénonçant le sexisme ordinaire et les violences gynécologiques, une nouvelle génération de femmes nous bouscule avec un féminisme sans concession. Leur façon d’exiger que leur intégrité corporelle et leur opinion ne soient pas des options force à constater que cela n’était pas totalement le cas jusque-là. Pourtant, beaucoup refusent encore tout débat, et considèrent que le phénomène émane forcément d’élucubrations réactionnaires ou masculinistes. Le but principal de ce livre est justement de mettre fin à ce préjugé, d’apporter l’évidence de la preuve pour former le maillon qui va relier deux générations de femmes qui ne se comprennent plus. Car celles qui se sont battues pour la pilule ne doivent pas en faire un nouveau conservatisme ni croire que les nouvelles générations leur crachent au visage. Ces nouvelles générations s’adaptent à des réalités nouvelles et, malgré les idées reçues, placent la barre de leurs exigences encore plus haut que leurs aînées.

Ces nouvelles féministes considèrent la médicalisation systématique de chaque étape de leur vie comme une forme de domination exercée sur elles. Comme si chaque phénomène physiologique normal chez la femme devenait une nouvelle maladie à traiter.

L’histoire des femmes qui ont vu naître la pilule est jalonnée de blessures misogynes qui leur ont forgé d’épaisses carapaces protectrices. Derrière la brutalité de leur réaction face à cette remise en question de la pilule se cache le traumatisme de celles qui savent la violence d’une misogynie loin d’être morte et capable de rejaillir avec vigueur. Ces femmes ont raison, c’est une réalité. Mais leur discours est devenu inaudible pour les jeunes femmes qui ne peuvent décemment envisager de stagner sur les acquis d’antan ou se priver d’un futur meilleur sous prétexte qu’il ne faudrait « prendre aucun risque » mais aussi, quelque part, « se méfier en permanence des hommes ».

Car c’est bien là le cœur du sujet : la redéfinition des rapports entre les hommes et les femmes. Moins traumatisées par la misogynie que leurs aînées, les jeunes femmes osent intégrer leur biologie, leurs spécificités et leurs différences dans leur identité. Elles les brandissent même comme un étendard. Elles n’ont absolument pas peur que cela leur porte préjudice car elles ont décidé d’imposer leurs vues sans intention de reculer. Elles rejettent totalement ce discours qui qualifie leur nature de « malédiction ». Et c’est justement parce qu’elles ne rejettent pas cette part d’elles-mêmes qu’elles sont plus fortes que leurs aînées.

Moins traumatisées par la misogynie que leurs aînées, les jeunes femmes osent intégrer leur biologie, leurs spécificités et leurs différences dans leur identité. Elles les brandissent même comme un étendard. Elles rejettent totalement ce discours qui qualifie leur nature de « malédiction ».

Ces nouvelles féministes considèrent la médicalisation systématique de chaque étape de leur vie comme une forme de domination exercée sur elles. Pilule dès l’adolescence pour « régulariser le cycle », examens gynécologiques qui obligent à se dévêtir totalement et à exposer son intimité « juste pour vérifier que tout va bien », accouchements inutilement hypermédicalisés et formatés à la convenance des médecins au mépris du confort de la patiente, ménopause traitée comme une affreuse maladie, pression exercée pour le dépistage du cancer du sein dès quarante ans… Tout cela instille insidieusement l’idée d’un corps féminin forcément défaillant, ingérable, incapable. Comme si chaque phénomène physiologique normal chez la femme devenait une nouvelle maladie à traiter. La misogynie dans tout ça ? C’est qu’on a réussi à faire croire aux femmes que sans cet interventionnisme médical elles sont incapables de faire face à ça.

Ainsi, en imposant leurs choix contraceptifs, et non ceux qu’on voudrait pour elles, ces femmes sont en train de changer profondément nos sociétés. Elles ne veulent plus se détester ni se renier pour être partie prenante du monde. […] Elles considèrent que la vraie force, la vraie liberté des femmes, le seul moyen de remédier aux injustices sexistes commencent par le fait d’arrêter de chercher à cacher ou modifier ce qu’elles sont. Il est temps que celles qui se sont battues pour la pilule se réconcilient avec celles qui aujourd’hui la critiquent, car leurs buts sont les mêmes. Le meilleur reste à inventer. Pour le réaliser, il va falloir mobiliser toutes les énergies sans se perdre dans des luttes intestines. “

Dans la même veine, la juriste féministe Marie-Hélène Lahaye milite depuis des années pour dénoncer les violences gynécologiques et obstétricales. Dans un statut Twitter récemment publié, elle pointe du doigt avec humour l’absurdité de cette façon de penser :

Surmédicalisation accouchement

Mieux vaut en rire qu’en pleurer !