Médecin pilule

Violences médicales à l’arrêt de la pilule : infantilisation, carence d’information | Témoignages

Médecin pilule

Lorsqu’elles arrêtent ou souhaitent arrêter la pilule ou toute contraception hormonale les femmes rencontrent parfois des professionnels de santé qui faillissent à leur devoir. En ne les informant pas correctement par idéologie ou en les infantilisant, ces médecins vont jusqu’à accabler leurs patientes de reproches voire à les obliger de prendre la contraception qu’ils ont choisie pour elles :

« Suite à un avortement médicamenteux en 2007 le gynécologue ne m’a tout simplement pas laissé le choix. Alors que j’avais arrêté la pilule à cause d’effets catastrophiques sur ma libido, il m’a dit que je n’avais pas d’autre option que la pilule. J’ai donc accepté d’essayer une énième nouvelle pilule. Sans surprise j’ai constaté des effets délétères sur ma libido. J’ai alors utilisé sans problème des préservatifs pendant plusieurs années jusqu’à ma grossesse (désirée). Depuis mon accouchement en 2016 j’ai demandé à ma sage-femme une prescription pour un diaphragme et j’ai enfin trouvé une contraception qui me convient. »

Aucun médecin n’a su répondre à mes inquiétudes ni ne m’a proposé une autre contraception.

« Au final, j’ai l’impression de ne pas avoir été bien conseillée par les professionnels de la santé que j’ai rencontrés, qui avaient tous un avis différent sur la question de la pilule. Par la suite je me suis informée seule mais je suis aujourd’hui très en colère car aucune solution de contraception n’est parfaite et ce sont encore les femmes qui doivent s’en occuper. »

« Mon absence de règles sous pilule depuis plusieurs années m’inquiétais beaucoup, j’avais peur d’être ménopausée sans le savoir, d’être stérile ou de souffrir d’un dérèglement hormonal. Tous les médecins à qui j’en ai parlé m’ont simplement dit « c’est normal » sans pour autant m’expliquer la raison exacte de cette absence de règles sous pilule. Alors que je présentais des résultats de bilans sanguins anormaux (cholestérols et gammas élevés),  la seule réponse du médecin a été « c’est normal ça, c’est la pilule » et le sujet était clos. Aucun médecin n’a su répondre à mes inquiétudes ni ne m’a proposé une autre contraception. Je considère pourtant qu’étant jeune et en bonne santé je ne devrais pas avoir des résultats anormaux à mes examens sanguins simplement parce que je ne souhaite pas tomber enceinte. Ayant la sensation de « gâcher » mon corps et ma santé en prenant la pilule, j’ai décidé de moi-même d’arrêter cette contraception. »

Elle m’a fait la leçon, cela m’a tellement déstabilisée que du coup j’ai continué à prendre la pilule quelques temps !

« Trois ans avant d’avoir arrêté la pilule, j’avais demandé à ma gynécologue si elle posait des stérilets, parce que j’avais déjà envie d’arrêter la pilule à l’époque. Elle m’a dit que oui, elle pouvait en poser mais, je la cite, elle m’a dit : « je ne vous en mets pas un si c’est pour l’enlever dans deux ans ! ». Elle faisait référence à mon âge (31 ans) sous-entendant que ça serait bien que je me dépêche d’avoir des enfants, bien que je n’aie jamais évoqué un projet de ce genre. Elle m’a fait la leçon sur mon âge, me disant  qu’il ne fallait pas traîner sinon je m’exposais à des risques. Cela m’a tellement déstabilisée (et énervée) que j’en ai oublié le sujet de départ… Du coup j’ai continué à prendre la pilule quelques temps ! »

« Je me suis faite engueuler par une gynécologue car je ne prenais plus la pilule que je ne supportais plus. Elle m’a fait comprendre que je la mettais « au pied du mur »,  qu’elle était du coup obligée de me mettre un implant. Aujourd’hui, j’ai tellement perdu confiance envers les gynécologues que je ne suis pas allée en consultation depuis un an alors que j’ai des douleurs. »

C’est parfois un parcours du combattant pour choisir, être accueillie, respectée et sereine vis à vis de la question de la contraception.

« Ma gynécologue ne voulait pas me prescrire d’autre contraception, en particulier pas de DIU (que je voulais) sous prétexte que je n’étais pas en couple depuis suffisamment longtemps. »

« La seule info plurielle complète et pédagogique vient de mes amies et du planning familial. Pas d’un médecin. »

« C’est parfois un parcours du combattant pour choisir, être accueillie, respectée et sereine vis à vis de la question de la contraception. Sans compter les frais supplémentaire que cela occasionne… Il coute cher d’être une femme. »

 


Pour en savoir plus à propos des violences médicales liées à l’arrêt de la pilule, lisez J’arrête la pilule.


Témoignages recueillis lors du sondage “Les femmes et la pilule” réalisé début 2017 dans le cadre de la rédaction du livre J’arrête la pilule.