Certains lecteurs, professionnels ou journalistes ayant demandés des précisions vis-à-vis de certains passages du livre, voici les mises à jour qui seront apportées dès le second tirage :

Page 113 (jeunes femmes sous pilule qui présentent un taux de décès trois fois supérieur à celles qui ne l’ont jamais prise) :

« […] les femmes de moins de trente ans qui ont pris la pilule au moins une fois dans leur vie présentent un taux de décès trois fois supérieur à celles qui ne l’ont jamais prise […] »

Référence 1. Hannaford P. C. et al., « Mortality among contraceptive pill users : cohort evidence from Royal College of General Practitioners’ Oral Contraception Study », British Medical Journal, vol. 340, no 7748, 2010. Cf. première ligne du tableau 3 : taux de décès toutes causes confondues 2,85 fois supérieur chez les femmes de moins de trente ans ayant déjà pris au moins une fois la pilule comparé à celles ne l’ayant jamais prise.

Page 117 (estimation du nombre de femmes victimes d’un cancer du sein sous pilule oestroprogestative) :

Détails du calcul : femmes Françaises de 15 à 49 ans = 14 637 524 (INSEE, 2013). Champ du calcul = 75 % des femmes Françaises de 15/49 ans soit 10 978 143 femmes (femmes vivant en France métropolitaine, ni stériles, ni enceintes, ayant des rapports hétérosexuels et ne voulant pas d’enfant, champ définit selon les critères de l’enquête FECOND INED/INSERM 2014). 41 % d’entre elles prennent la pilule (estimation enquête FECOND INED/INSERM, 2014) soit 4 501 039. En France, on estime qu’environ 10 % prennent la pilule progestative et 90 % la pilule oestroprogestative, cela fait donc 4 050 935 françaises métropolitaines qui prennent la pilule oestroprogestative. Selon la Société canadienne du cancer, il y aurait dans chaque tranche de 10 000 femmes prenant la pilule œstroprogestative « deux cas additionnels de cancer du sein si la pilule a été prise avant la première grossesse menée à terme » et « environ un cas additionnel de cancer du sein si la pilule a été prise après la première grossesse menée à terme » soit 405 à 810 Françaises qui développeraient chaque année un cancer du sein causé par leur pilule oestroprogestative. Le taux de mortalité global pour ce cancer étant de 30 % (Institut national du cancer, « Survie attendue des patients atteints de cancers en France : état des lieux », avril 2010, <e-cancer.fr>, NDLR : les cancers développés sous pilule ne seraient ni plus malins ni plus bénins que ceux observés en général) cela représente 121 à 242 décès par an en France. »

Ces chiffres viennent d’être confirmés par une étude danoise majeure publiée le 7 décembre 2017 qui précise que, de manière générale, sous contraception hormonale une femme voit son risque de cancer du sein augmenté en moyenne de 20 % (de 9 à 38 % selon la contraception et la durée d’utilisation). D’après leur étude réalisée durant 11 ans sur 1,8 millions de danoises, sur chaque tranche de 7 690 femmes sous contraception hormonale, 1 femme déclenchera un cancer du sein qu’elle n’aurait pas eu sans cette contraception hormonale. Appliqué aux seules femmes en France qui prennent la pilule (sans compter les autres contraceptions hormonales), cela représente 585 cancers du sein déclenchés chaque année en France par la pilule et 175 décès si l’on applique les taux de décès pour ce type de cancer (cf. détails calcul ci-dessus). Cela représente près de 15 décès chaque mois. Les autres cancers sur lesquels la pilule aurait un effet protecteur sont en revanche eux moins fréquents et répandus que le cancer du sein ce qui ne “compense” donc pas ces taux de décès. Des détails seront toutefois ici ultérieurement fournis pour préciser ces chiffres.
NDLR : cette même étude confirme par ailleurs ce qu’évoquais Sabrina Debusquat page 111 de J’arrête la pilule (référence 3), à savoir que,  contrairement à ce que de nombreux médecins avancent ou croient, les pilules progestatives ou autres contraceptions hormonales sans oestrogènes synthétiques présentent des risques similaires de cancer du sein que celles contenant des oestrogènes.

Par ailleurs, pour information, certains spécialistes pointent du doigt un faisceau de faits nombreux qui tendent à montrer que le potentiel cancérigène de la pilule serait probablement plus élevé que ce que l’on annonce officiellement aujourd’hui :

* Les effets protecteurs annoncés sur certains cancers (ovaires, endomètre) sont démontrés comme résultant souvent de biais dans les études (biais qui induisent globalement une sous-estimation du potentiel cancérigène, cf. page 120).
* Le stress oxydatif induit par l’utilisation des hormones synthétiques pourrait rendre plutôt improbable un effet protecteur de ces hormones sur les cancers.
* La corrélation entre les courbes de certains cancers chez la femme et les différentes générations de pilule sont troublants (cf. page 109).

Certains scientifiques spécialistes du sujet comme Ellen Grant, estiment que tout cela indique clairement que le potentiel cancérigène des hormones synthétique est en réalité très certainement plus élevé qu’on ne le pense. Des scientifiques qui pointent du doigt la nécessité urgente d’une science indépendante et la moins biaisée possible afin d’évaluer correctement l’impact réel des hormones synthétiques.

Page 136  (pilule et aggravation de l’endométriose) :

«  L’endométriose est en revanche une bien étrange maladie. Au cours des règles, des cellules de la peau qui tapisse l’utérus (l’endomètre) migrent vers le haut plutôt que vers le bas du corps, s’implantent dans les ovaires, les intestins, la vessie ou les poumons et continuent à agir comme à l’intérieur de l’utérus. Au moment des règles, elles saignent, ce qui provoque lésions et nodules et cause d’atroces douleurs. L’origine de cette maladie n’est pas encore officiellement établie mais en 2011 le professeur Charles Chapron (chef du service de Gynécologie-Obstétrique au CHU Cochin à Paris) a montré un lien clair entre prise de pilule et aggravation de l’évolution de l’endométriose 1. Par effet pervers, la pilule semblerait masquer les symptômes de la maladie et donc l’aggraver en la laissant évoluer silencieusement. Ainsi, des femmes prennent la pilule pour « traiter » des règles très douloureuses et s’aperçoivent de l’étendue de leur endométriose quand elles l’arrêtent. 30 % d’entre elles deviendront infertiles et toutes souffrent lors de leurs règles et lors des rapports sexuels, au point parfois de devoir s’abstenir. Les seules solutions actuellement proposées à ces patientes sont de continuer à prendre la pilule ou de procéder à une chirurgie. Or la pilule représente un obstacle au diagnostic de l’endométriose et les jeunes filles dont les règles douloureuses sont traitées par la pilule ont ensuite plus de chances de développer une forme très sévère d’endométriose. L’endométriose ne cesse d’augmenter et affecte aujourd’hui 10 % des Françaises et 180 millions de femmes dans le monde. »

Référence 1 . Chapron C. et al., « Oral contraceptives and endometriosis: the past use of oral contraceptives for treating severe primary dysmenorrhea is associated with endometriosis, especially deep infiltrating endometriosis », Human Reproduction, 2011, 26 (8), p.2028-2035.

Page 138 (vascularisation du clitoris sous certaines pilules) :

« De plus, l’action globale des hormones contraceptives peut rendre l’excitation difficile, générer la sécheresse vaginale ou rendre difficile, voire impossible, d’atteindre l’orgasme en modifiant la vascularisation du clitoris 1. Sous certaines pilules, une diminution de la fréquence du nombre de rapports sexuels et des orgasmes est également observée. * »

Référence 1. Van der Vange N. et al., « Effects of seven low-dose combined oral contraceptives on sex hormone binding globulin, corticosteroid binding globulin, total and free testosterone », Contraception, vol. 41, no 4, 1990, p. 345-352.

Battaglia C. et al., « Clitoral vascularization and sexual behavior in young patients treated with drospirenone-ethinyl estradiol or contraceptive vaginal ring : A prospective, randomized, pilot study », Journal of Sexual Medicine, Vol. 11, No. 2, 2014, p. 471-480.

Référence * (nouvelle référence). Battaglia C. et al., « Sexual behavior and oral contraception : a pilot study », The Journal of Sexual Medicine, 2012, 9, p. 550–557.