Pilule perturbateur endocrinien

Perturbateurs endocriniens : le tabou pilule ?

Comme l’expliquait Sabrina Debusquat dans son enquête J’arrête la pilule, la pilule répond précisément à la définition de ce que l’on appelle un “perturbateur endocrinien”. Elle a précisément été inventée pour perturber volontairement le cycle féminin et empêcher l’ovulation via l’apport d’hormones synthétiques imitant nos hormones naturelles et bloquant/limitant leur production.

Pilule perturbateur endocrinien

Un état de fait qui reste encore extrêmement tabou.

Bien que L’Obs ait titré une interview de Sabrina Debusquat en septembre dernier “La pilule est un perturbateur endocrinien“, depuis, personne n’a réellement conscientisé à quel point les hormones synthétiques de ce médicament (comme d’autres) ne sont pas à omettre dans la “chasse aux perturbateurs endocriniens” que nous pratiquons depuis que nous avons conscience de leur nocivité.

Pour exemple, rappellons-le, le bisphenol A, un oestrogène synthétique utilisé pour ses propriétés texturisantes sur les plastiques, a été jugé assez inquiétant dans ses effets a été interdit en 2015 en France dans les biberons et les boîtes de conserve. Le bisphenol A est un oestrogène synthétique, tout comme l’est l’EE2 contenu dans la plupart des pilules oestroprogestatives. Il est surtout mille fois plus puissant et traverse, bien plus que le bisphenol A, la barrière placentaire et encéphalique. C’est-à-dire que les femmes ayant pris des hormones synthétiques dans leur vie et qui en gardent des traces dans leurs graisses (puisque ces hormones s’y stockent un certain temps), exposent in utero leur bébé à ces perturbateurs endocriniens ultra-puissants et agissant sur la féminisation ou la masculinisation et les organes reproducteurs. Ainsi, nous sommes exposés à une molécule aux effets bien plus inquiétants que le bisphenol A (pourtant déjà jugé suffisamment inquiétant pour être interdit) et… rien. Aucune réflexion n’est engagée, preuve de l’immense tabou (et peut-être d’une pincée de lobbying) qui règne autour du sujet.

Les femmes ayant pris des hormones synthétiques dans leur vie et qui en gardent des traces dans leurs graisses exposent in utero leur bébé à ces perturbateurs endocriniens ultra-puissants et agissant sur les organes reproducteurs

Pilule perturbateur endocrinien

Tout cela est extremement préocuppant, d’autant plus que :

  • nous savons que 90 % des femmes prennent au moins une fois dans leur vie des hormones contraceptives
  • que nous n’avons pas de données précises sur la durée de vie de ces hormones dans le corps des femmes après l’arrêt de la contraception
  • que nous retrouvons ces hormones dans l’eau du robinet à des doses qui agissent sur la faune en la féminisant et en abaissant dangereusement sa fertilité
  • que nous observons précisément depuis l’arrivée de la pilule (mais aussi de nombreux autres polluants comme les pesticides) une hausse constante des malformations congénitales chez les petits garçons et une baisse préocupante de la fertilité et de la qualité du sperme, phénomènes pouvant tout à fait être des conséquences d’une exposition aux hormones contraceptives in utero et pendant la vie

La question des hormones contraceptives, parce qu’elles sont prises par celles qui portent ensuite en leur sein le futur de l’humanité, est une question cruciale en matière de perturbateurs endocriniens. Ce n’est pas une question à reléguer au second plan. Nous savons que ces hormones sont faites pour agir sur nos organes reproducteurs en les perturbant ou en en modifiant leur fonctionnement. Or, tout organisme sain devrait évité d’y être exposé et ce particulièrement durant la vie in utero et avant l’âge adulte. Nous découvrons à peine l’impact des ces molécules sur nos organismes (impact au potentiel génotoxique prouvé et ce sur plusieurs générations) et continuons pourtant de les relarguer massivement dans notre environnement avec une étonnante légèreté.

La question des hormones contraceptives, parce qu’elles sont prises par celles qui portent ensuite en leur sein le futur de l’humanité, est une question cruciale en matière de perturbateurs endocriniens. Ce n’est pas une question à reléguer au second plan.

Pilule pollution environnement malformation feminisation

D’ailleurs, aujourd’hui encore, personne ne cite jamais ces médicaments lorsque le sujet des PE est abordé…

Voyez ces articles parus récemment :

Les perturbateurs endocriniens seraient à l’origine d’une puberté précoce et d’une infertilité accrue sur le Huff Post :

“La dégradation de la qualité du sperme et les cas de puberté précoce ont probablement des causes environnementales, mais elles sont difficiles à démêler, a indiqué ce mardi 3 juillet Santé publique France.

L’agence sanitaire se penche dans son “Bulletin épidémiologique hebdomadaire” sur cet “indicateur global de santé publique” qu’est le sperme.

La tendance est inquiétante. Entre 1989 et 2005, sa concentration en spermatozoïdes a chuté de près d’un tiers (-32,2%), soit près de 2% par an, d’après des mesures réalisées sur près de 27.000 hommes.

La tendance est inquiétante. Entre 1989 et 2005, la concentration en spermatozoïdes a chuté de près d’un tiers (-32,2%), soit près de 2% par an […] Il est possible que cette baisse ait débuté dans les années 1970

“Il est possible que cette baisse ait débuté dans les années 1970 si l’on prend en compte une étude précédente réalisée en région parisienne de 1973 à 1992″, ont de plus souligné les chercheurs.”

Les perturbateurs endocriniens suspectés d’être néfastes pour la puberté, les testicules et la fertilité sur France Inter :

“Y a-t-il un lien entre l’exposition aux perturbateurs endocriniens et la santé reproductive ? Le lien formel est difficile à établir, mais les soupçons s’accumulent…”
Malformations génitales, pubertés précoces, problèmes de testicules, mauvaise qualité de sperme… Santé Publique France vient de faire le point et confirme ce que les médecins et les familles constatent de plus en plus : toutes ces pathologies sont en augmentation, et elle pourrait être liée aux perturbateurs endocriniens.

Malformations génitales, pubertés précoces, problèmes de testicules, mauvaise qualité de sperme… Toutes ces pathologies sont en augmentation, et elle pourrait être liée aux perturbateurs endocriniens.

Dans l’étude de Santé Publique France, outre les malformations du pénis, c’est surtout l’augmentation de ce qu’on appelle les cryptorchidies qui étonne (autrement dit, la non descente des testicules). Leur nombre augmente chaque année, de plus de 2,5 % depuis 2002. Elles s’opèrent mais peuvent avoir une incidence, plus tard, sur la fertilité… Autre augmentation inquiétante, celle des cancers des testicules : plus 1,5 % par an.”

Emission Cancers et perturbateurs endocriniens : à qui la faute ? sur France Culture :

“Le cancer du sein touche chaque année 2,4 millions de femmes dans le monde, et 523 000 en décèdent ; le cancer de la prostate, 1,6 million d’hommes et près de 400 000 en meurent. Ce sont les premiers cancers pour chaque sexe, au niveau mondial ! Mais a-t-on seulement cherché à en comprendre les causes réelles ?

On a longtemps incriminé la consommation de tabac, d’alcool, la vieillesse ou encore les progrès du dépistage comme étant les facteurs responsables de ces cas en augmentation.

Et s’il en était autrement ? Si au-delà de ces causes probables, d’autres, plus insidieuses, agissaient loin des regards. Et si les fameux « perturbateurs endocriniens » étaient les principaux responsables ?”

Que la prudence scientifique soit de mise, certes, mais la méconnaissance du sujet par la plupart des médias couplée au “tabou à dire des choses négatives sur la pilule” nous fait quasi systématiquement ommettre l’un des perturbateurs endocriniens les plus puissants auquel nous sommes exposés : les hormones contraceptives.

La méconnaissance du sujet par la plupart des médias couplée au “tabou à dire des choses négatives sur la pilule” nous fait quasi systématiquement ommettre l’un des perturbateurs endocriniens les plus puissants auquel nous sommes exposés : les hormones contraceptives

Tabou pilule pollution perturbateur endocrinien

Pour le bien des générations futures il est peut-être temps de se questionner sérieusement… et de cesser avec certains tabous ridicules. Les preuves sont sous notre nez, quand allons-nous accepter de les voir ? La gravité de la situation est en total décalage avec notre incapacité à saisir ce qui se joue là.

 

Pour en savoir plus sur la pilule, son impact sur la santé et l’environnement et les alternatives non hormonales existantes, lisez J’arrête la pilule.